Tout comme la Fée Bleue permet à Pinocchio de réaliser son rêve de devenir un vrai petit garçon, le rôle de la Productrice Claire Salmon est de faire en sorte que les rêves des metteurs en scène de La Cavalcade des Princesses Disney deviennent réalité. Pour ce faire, point de baguette magique, mais un vrai talent de cheffe d’orchestre pour coordonner les quelque 600 personnes impliquées dans ce nouveau spectacle attendu cet été à Disney Adventure World.
Peux-tu nous expliquer ton rôle en tant que Productrice de La Cavalcade des Princesses Disney ?
Mon rôle consiste à superviser l’intégralité de ce qui va se passer sur ce nouveau spectacle. De la fabrication des chars au casting des artistes, de l’enregistrement de la musique à la mise en place de tous les aspects opérationnels dans le parc, j’accompagne les différentes équipes pour leur permettre de travailler ensemble à la réalisation de ce projet et faire en sorte que nous soyons en capacité de finaliser une cavalcade qui soit opérable, maintenable et festive pour nos visiteurs. Car c’est bien là ce qui nous motive : parvenir à proposer en temps, en heure et dans un budget donné un spectacle unique et inoubliable à nos visiteurs. Pour cela, il faut s’assurer entre autres que la livraison des chars soit concomitante avec le moment où les répétitions des performers vont commencer, que les artistes aient été recrutés et aient répété en salle en amont et que toutes les formations nécessaires aient été faites. Je le dis souvent, mais c’est la réalité : c’est un vrai rôle de cheffe d’orchestre !
C’est la toute première cavalcade de l’histoire de Disney Adventure World !
Absolument ! C’est un véritable défi de créer un spectacle vivant pour un lieu qui n’existait pas il y a encore un an. Il a fallu se projeter et imaginer comment l’intégrer au mieux avant même de le voir finalisé.
C’est aussi ta toute première cavalcade.
En effet, de La Forêt de l’Enchantement (2016) à Alice et la Reine de cœur : Retour au Pays des Merveilles (2024) en passant par La Fabrique des Rêves de Disney Junior (2021), j’ai surtout travaillé dans les théâtres de notre destination. Le format de la cavalcade est particulièrement intéressant dans la mesure où c’est un mélange entre une parade et un spectacle, au moment du « show stop », quand le défilé s’arrête pour faire place à une interaction avec les spectateurs. Son itinéraire est tout aussi intéressant, avec cet aller-retour qui ira de l’entrée du futur monde immersif dédié au Roi Lion à The Regal View Restaurant & Lounge avant de revenir vers son point de départ, où se situera notre séquence interactive. Ce sera l’occasion pour les spectateurs de profiter doublement du spectacle et de découvrir ces chars magnifiques d’un côté, à l’aller, et de l’autre, au retour.
Comment les équipes et toi vous êtes-vous approprié ce nouveau lieu ?
Mi-juin, nous avons sorti les premiers chars sur le parc, et nous avons chronométré, mesuré la vitesse pour nous assurer que ce que nous avions en tête techniquement corresponde à ce que les metteurs en scène ont imaginé, notamment en termes de chorégraphie. Nous avons fait des adaptations, mais surtout nous avons pris nos marques pour que la cavalcade s’intègre parfaitement dans ce lieu, comme si elle avait toujours été là.
Ces chars sont vraiment magnifiques. Peux-tu nous en dire plus sur leur conception ?
Ces chars ont été designés par notre scénographe Thomas Gallou, à qui l’on doit également les bateaux du spectacle Célébration à Arendelle. La conception d’un char est une aventure en soi. Cela n’a rien à voir avec la conception d’un spectacle en intérieur car il faut mettre tous les éléments scéniques dont on peut avoir besoin – son, lumière, décoration – dans un tout petit espace. Il faut aussi considérer tout l’aspect sécurité, notamment en ce qui concerne le conducteur, pour qu’il puisse manœuvrer dans des conditions optimales, mais qu’en même temps il puisse réagir à tout imprévu. Sans compter la dimension de maintenance, car tous les éléments techniques du char doivent être accessibles pour les entretenir au quotidien. Et tout cela doit s’insérer dans la décoration, en restant invisible aux spectateurs.
Car le plus important pour nos visiteurs, c’est bien sûr la richesse de ces chars en termes de thématisation, de détails et d’accessoires. Pour le coup, je crois sincèrement qu’on a coché toutes les cases parce que, au-delà de la complexité technique, ils sont vraiment magnifiques. Lors de leur première sortie, j’en ai fait le tour et ils sont tellement beaux que je les ai photographiés sous toutes les coutures. Je pense qu’on n’a pas fini de découvrir des détails, un petit personnage caché, un accessoire tellement réaliste qu’on a envie de le manger…
Comment arrivez-vous à concilier tous ces éléments ?
C’est un processus complexe. D’un côté, vous avez une base roulante qui relève de l’ingénierie, de l’industrie, et de l’autre, il y a les métiers du spectacle, qui développent tout ce qui relève de l’audio, la lumière et la décoration. Le défi, c’est de faire cohabiter ces deux univers qui sont totalement différents. Mais c’est aussi très intéressant de voir comment des ingénieurs qui travaillent habituellement dans les domaines de l’espace ou de l’automobile, où les choses sont très codifiées, parviennent à sortir du cadre pour travailler avec nous qui appartenons au monde du spectacle vivant. Ce sont d’ailleurs les premiers à nous dire combien ils aiment travailler avec nous. Cela les change de leur quotidien et en même temps, ils nous apportent un savoir-faire irremplaçable. Au final, il n’y a que peu d’entreprises capables de relever ce genre de défi, d’autant que nous privilégions des prestataires locaux, essentiellement en France.
Sur le plan créatif, quelle a été l’implication des studios d’animation Disney ?
Quand il s’agit des personnages imaginés, tout ce qui va être proposé ici au public, de l’histoire aux visuels, leur est systématiquement présenté. D’autant plus que nos chars ne représentent pas littéralement les dessins animés, mais en sont une extrapolation, un peu comme The Regal View Restaurant & Lounge est une extrapolation de l’univers des Princesses Disney. Pour notre cavalcade, le thème est celui de l’aventure, et ce fut l’occasion d’échanges très riches avec les Studios.
Comment allez-vous emporter les visiteurs dans cette aventure ?
Notre cavalcade va évoluer dans un lieu assez neutre sur le plan de la thématisation. Il fallait donc une thématique très forte au niveau des chars et des artistes, à travers notamment les costumes. La musique est aussi un facteur d’immersion très important. Nous avons particulièrement veillé à avoir les équipements suffisants pour offrir une expérience optimale à l’ensemble du public. Déjà, les chars sont équipés de leur propre système audio. Mais nous avons également le renfort des pôles parade qui vont apporter un relief supplémentaire. Dès la première sortie des chars, nous nous sommes assurés que les différentes sources sonores étaient bien équilibrées tout le long du parcours pour offrir à nos visiteurs une expérience optimale, quelle que soit leur place. Ce sera particulièrement fort quand la cavalcade s’arrêtera et que les performers inviteront les enfants à venir danser avec eux. L’immersion sera totale !
Peux-tu nous en dire plus sur la musique de cette cavalcade ?
Nous avons créé deux chansons exclusives dans lesquelles le public pourra reconnaître des allusions à chaque princesse le moment venu. Ce n’est pas un arrangement de musiques existantes ; c’est vraiment une création. Il y a une chanson dédiée lorsque les chars sont en mouvement et une pour le « show stop ». Nous avons choisi un style très pop et une approche à la fois très dansante et très chantante pour transmettre toute l’énergie de l’aventure. La grande nouveauté, c’est qu’une de ces chansons est presqu’entièrement chantée en français. C’est bien évidemment un clin d’œil à notre public francophone. Pour autant, quelle que soit la langue de nos visiteurs, le refrain se retient très vite et tout le monde peut le chanter dans un même élan.
Comment s’est passé l’enregistrement de ces chansons ?
La plupart du temps, nos productions « pop » sont enregistrées à Nashville, Tennessee aux États-Unis, parce qu’on y trouve des musiciens qui ont cette fibre et qui l’expriment comme nulle part ailleurs. Je suis toujours impressionnée par ces artistes. Ils reçoivent la partition le jour-même et la magie opère tout de suite. Ils sont capables d’entendre des détails infimes et de faire des modifications dans la foulée pour que cela sonne de manière encore plus parfaite que ce qui était prévu. Je ne sais pas comment ils font. Pour moi, la musique est un mystère. Et en même temps, rien de ce que nous faisons ne fonctionnerait sans musique…
Plus généralement, que représente cette cavalcade pour toi ?
Déjà, elle incarne l’esprit d’aventure. C’est exactement ce qu’on ressent quand on se lance dans un nouveau projet, et ce d’autant plus quand on investit un nouveau lieu. Quand on arrive sur un projet comme celui-ci, on sait très bien où on doit aller, vers quoi on doit tendre, mais on ne sait pas encore comment on va y arriver. L’aventure est présente à chaque étape.
Ensuite, c’est une cavalcade qui rend hommage à des Princesses Disney, donc à des femmes. À ce titre, je me retrouve tout particulièrement dans cette histoire. On ne présente plus Vaiana, qui n’hésite pas à prendre le large pour embarquer pour de toutes nouvelles aventures. Avec Raiponce, ce sont des retrouvailles, dans la mesure où nous nous sommes connues lors de la production de La Forêt de l’Enchantement. Quant à Raya et Tiana, j’ai été émerveillée par leur personnalité et leur univers.
À leur image, quand un défi se présente, je n’hésite pas. Je fonce !